Où trouve-t-on du plomb ?
Le plomb dans les anciennes peintures :
Les anciennes peintures à base de plomb dans les vieux immeubles restent une des principales sources d'exposition au plomb pour les enfants de par leur dégradation ou de par des poussières polluées. Les écailles de ces peintures au plomb peuvent contenir jusqu'à 3000gc de plomb par gramme.
Le plomb dans l'air :
L'air ambiant est à prendre en compte, en particulier dans les grandes villes, du fait des gaz d'échappement automobiles. La proximité de sites industriels émettant du plomb augmente aussi le taux de plomb dans l'air.
Le plomb dans les aliments :
L'ingestion de plomb par la consommation de certains aliments est la voie d'exposition principale. Le lait peut contenir de 20 à 40µg/l de plomb, le vin : de 70µg/l à 200µg/l, certains jus de fruits : 30µg/l, la viande de boeuf: 100µg/kg.
Le plomb dans l'eau :
L'eau constitue également une source d'apport en plomb, notamment dans les régions où l'eau est douce, peu minéralisée. L'eau douce, « agressive » peut contribuer à dissoudre le plomb des tuyauteries en plomb.
La présence de plomb dans les eaux naturelles provient également, de la dissolution des roches et des minerais qui en contiennent, de la pollution atmosphérique, ainsi que des effluents industriels.
Les effets sur la santé
Le plomb est pour l'homme un élément toxique à effet cumulatif. A partir d'une forte dose journalière répétée pendant une période suffisamment longue, le plomb est susceptible de provoquer des effets nocifs.
Il est , en grande partie, éliminé par l'organisme. L'adulte élimine 90% du plomb qu'il ingère. Un enfant n'en élimine que 50%.
Les doses admissibles de plomb qui ont servi de référence à la fixation de la norme pour l'eau sont établies en fonction des individus les plus «
vulnérables » au plomb : les jeunes enfants et les femmes enceintes. C'est le «
principe de précaution ».
Le risque sanitaire le plus probable est le saturnisme provoqué par une trop forte teneur de plomb dans le sang. Les troubles graves de cette maladie,
encéphalopathie et régression du développement intellectuel chez l'enfant, troubles
digestifs et neurologiques chez l'adulte, ne s'observent cependant que chez les individus
à santé précaire, ayant absorbé une quantité importante de plomb (via les vieilles
peintures à base de plomb le plus souvent).
Quelles sont les zones concernées en France ?
La présence de plomb dans l'eau potable provient principalement des
tuyaux en plomb utilisés en branchements, les matériaux constitutifs des réseaux
intérieurs (soudure et plomberie domestique). La libération de plomb provenant des
conduites de plomb est favorisée par l'agressivité de l'eau. Les eaux faiblement
minéralisées et acides (pH<7) sont les plus agressives (Massif central, massifs
vosgien et breton). Le pH et le TAC (teneur en bicarbonates) sont deux paramètres clés :
les valeurs de pH 8 et TAC 8°F sont souvent recherchées pour limiter les risques de
relargage de plomb, tout en respectant l'équilibre calco-carbonique de l'eau.
De nombreux autres facteurs interviennent dans le relargage du plomb
dans l'eau : temps de stagnation, température, vibrations dues au trafic urbain, état de
la canalisation (âge, longueur, diamètre).
L'emploi du plomb pour les conduites internes et les réseaux publics est interdit en France depuis le mois d'avril 1995. Les normes techniques internes de Lyonnaise des Eaux imposent aux exploitants de réseaux de ne plus poser de branchements en plomb depuis la fin des années 70. La majeure partie des branchements est aujourd'hui réalisée en tubes de polyéthylène.
La réglementation française et la directive européenne de décembre
1998 :
Les textes français et européens prescrivent actuellement une teneur maximale de 50 µg/l de plomb dans l'eau de boisson.
La nouvelle directive prévoit une réduction de cette teneur à 25µg/l au 25/12/2003. Le 25/12/2013, la teneur devra être abaissée à 10µg/l.
Ces nouvelles valeurs paramétriques de 25 et 10µg/1 doivent être
respectées au robinet du consommateur, le contrôle étant effectué en utilisant une
méthode d'échantillonnage représentative d'une valeur moyenne hebdomadaire du plomb
pouvant être ingéré par les consommateurs.
L'abaissement de la norme en plomb constitue probablement la modification majeure de là réglementation européenne (décembre 1998) en matière d'eau potable.
Bien que la valeur actuellement en vigueur de 50µg/1 est conforme aux normes de potabilité, l'abaissement à la valeur paramétrique de 10µg/1 correspond à une volonté politique de tendre vers le risque zéro.
Comment mesure-t-on les teneurs en plomb ?
Le relargage du plomb dans l'eau est notamment lié aux temps de stagnation dans les canalisations. Des études aux niveaux européen et national sont en cours pour élaborer une méthode de prélèvement au robinet représentative d'une quantité moyenne de plomb ingérée par les consommateurs.
Actuellement, deux méthodes sont retenues :
- Le prélèvement aléatoire ou prélèvement instantané réalisé sur
un certain nombre d'habitations pour situer le « risque plomb » dans une unité de
distribution.
-Le prélèvement après stagnation de 30 minutes pour évaluer le «
risque plomb » dans une habitation donnée.
La norme européenne prévoit que le prélèvement est effectué au robinet du consommateur et non pas au niveau du compteur.
Selon la période de la journée, des écarts importants de la teneur
en plomb peuvent être mesurés : En effet, le matin, au premier tirage, lorsque l'eau a
stagné toute la nuit dans les tuyaux en plomb d'une maison, la teneur en plomb peut
dépasser la norme actuelle de 50µg/l. Lyonnaise des Eaux, dans ses documents
d'information, conseille régulièrement à ses clients de laisser couler l'eau quelques
minutes le matin avant de la boire.
Le coût du changement des canalisations dans les immeubles : 100 milliards de francs
En France, près de 10 millions de logements sont équipés par des conduites d'eau intérieures qui contiennent du plomb. De ce fait, le plus gros chantier pour faire baisser le taux de plomb dans l'eau qui arrive au robinet est celui des canalisations des habitations . Cela concerne non seulement les tuyaux à l'intérieur des
habitations amenant l'eau aux différents robinets, mais aussi, les conduites entre le
compteur et l'habitation dans les maisons particulières et les colonnes montantes
distribuant l'eau dans les immeubles. Ces travaux seront à la charge des propriétaires.
Pour un particulier, dans son appartement ou sa maison, on estime ce coût entre 10 000 et
15 000F. Il comprend en effet, non seulement les travaux de plomberie mais également les
travaux de maçonnerie et de peinture.
L'Union européenne a évalué ce coût à 100 milliards de francs pour que notre pays satisfasse à la nouvelle norme de 10µg/l.
L'impact sur la facture d'eau :
Les canalisations principales de distribution d'eau potable ne sont pas
en plomb mais en fonte, en acier, en béton ou en plastique. Seuls, les branchements pour
raccorder ces canalisations aux habitations sont en plomb. Selon une enquête de l'Union
Européenne (mars 1995), en France, sur 10 millions de branchements raccordant les
habitations aux réseaux de distribution d'eau, 4 millions sont encore en plomb
Le coût de changement de ces branchements dans les rues est évalué à 20 milliards de francs.
Pour Lyonnaise des Eaux
Sur un total de 3 200 000 branchements sous la responsabilité de
Lyonnaise des Eaux, 1 1 00 000 branchements restent en plomb en 1999.
Les branchements « sensibles » (crèches, hôpitaux, écoles ... ) ont déjà été remplacés par mesure de précaution.
En 15 ans, 200 000 branchements en plomb ont été changés.
Le coût moyen de changement d'un branchement est estimé à 5 000 francs (avec les nouvelles techniques).
Dans le cadre des contrats de délégation de service public,
l'application d'une nouvelle réglementation implique une révision du contrat. Ainsi,
Lyonnaise des Eaux se doit de revoir ses contrats avec les collectivités locales afin
d'intégrer les nouvelles dispositions sur le plomb. Après examen de la situation avec
les collectivités locales et pour supprimer tous les branchements en plomb d'ici 2013,
Lyonnaise des Eaux aura à entreprendre des travaux d'un montant évalué à 5,5 milliards
de francs.
Le plan d'action de Lyonnaise des Eaux
Objectif : zéro plomb Lyonnaise des Eaux élabore des plans d'action contrat par contrat. Ils comportent plusieurs étapes successives
1. Diagnostic :
-Un inventaire exhaustif des branchements en plomb a été réalisé. Cette action a été lancée en 1995-1996 - Une classification des eaux « à risque » est faite - Un diagnostic de chaque unité de distribution est réalisé - Des propositions d'actions sont faites : traitement de l'eau, réhabilitation ou renouvellement des canalisations...
2. Décision des collectivités locales :
- Pour chaque collectivité locale, Lyonnaise des Eaux présente un plan d'action qui comprend une proposition de solution technique, une estimation des coûts d'investissement et d'exploitation ainsi qu'un calendrier prévisionnel de mise en oeuvre. - L'impact économique est examiné.3. Mise en oeuvre du plan d'action :
Un planning des opérations techniques est réalisé avec notamment un
programme annuel de travaux.
Favoriser l'effort des propriétaires
Sur demande, les propriétaires qui décident de changer leur réseau
intérieur, auront leur branchement changé en priorité, quelle que soit la date du
programme de travaux prévue pour leur quartier ou leur rue. Cette priorité d'action sera
proposée à toutes les collectivités dont Lyonnaise des Eaux gère l'eau.
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Le traitement de l'eau
Il permet de la rendre moins corrosive vis-à-vis du plomb.
Les techniques utilisées consistent à favoriser la formation d'une couche protectrice à l'intérieur des canalisations à partir de la formation d'un sel de plomb stable. Ces techniques de traitement d'eau permettent de respecter la limite de 25µg/l.
Parmi les traitements envisageables, l'on peut citer :
- La neutralisation ou la reminéralisation sur les eaux « douces »
- La décarbonatation ou la nanofiltration sur les eaux « dures »
- L'ajout d'un produit filmogène à base de phosphate.
De nouvelles techniques de réhabilitation ou de renouvellement des
canalisations en plomb :
Trois techniques principales existent dans ce domaine et présentent un intérêt différent selon les caractéristiques particulières de chaque chantier, type de branchement, environnement ... Ces techniques sont :
- la fusée pneumatique
- le procédé Extracoupe
- le gainage « Neofit »
La première technique amène à un remplacement du tuyau en plomb par
un tube en Polyéthylène avec une occupation nouvelle du sous-sol.
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Avec le procédé « Extracoupe » on remplace le plomb par le Polyéthylène, « place pour place ».
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La
dernière technique utilise l'espace intérieur du branchement pour y glisser et gainer à
l'aide d'un tube mince (de l'ordre de 0,2 mm d'épaisseur une fois en place) en PET
alimentaire (Polyéthylène-Téréphtalate), le branchement en plomb.
Grâce à ces nouvelles techniques, le coût de remplacement d'un
branchement en plomb a été réduit de 40%. Il est de 5000F avec le procédé Extracoupe
et de 8000F en moyenne avec la tranchée ouverte. En effet, la technique traditionnelle de
« tranchée ouverte », outre les nuisances causées aux usagers (bruit, poussière, rue
impraticable), entraine des travaux plus lourds et plus coûteux.
Le remplacement ou la réhabilitation des branchements est la solution
la plus radicale pour éliminer le plomb et le moyen le plus sûr pour respecter la valeur
paramétrique de 10µg/l.